L'épuisement numérique,comprendre et agir.

Soyons clairs : l’épuisement numérique est un phénomène insidieux qui s’invite partout : fatigue physique, mentale, émotionnelle, rien n’est épargné par l’usage intensif des écrans et des outils digitaux.


Résultat 
? Notre attention s’envole, notre discernement se brouille, nos décisions sont plus hésitantes, notre sommeil fait grise mine… sans oublier le stress, la fatigue chronique ou l’isolement social (et malheureusement, cette liste est loin d’être complète !).

L'article « 8 Simple Rules for Beating Digital Exhaustion » publié en octobre 2025 dans Harvard Business Review pourrait bien être la référence du moment.

Il repose sur vingt ans d’études, 12 000 travailleurs passés à la loupe, et une méthodologie de haut niveau.

Son auteur, Paul Leonardi, professeur à l’Université de Californie et expert reconnu des usages digitaux et des dynamiques organisationnelles analyse finement comment le digital impacte notre attention, nos décisions et notre énergie mentale.

Pourquoi cet article est incontournable ?

  • Il s’appuie sur des recherches concrètes.
  • Il propose une analyse riche et accessible.
  • Il donne des pistes simples taillées pour nous tous qui vivons (parfois subissons !) l’hybride et la sur-sollicitation.

Ce que l’HBR révèle et c’est assez frappant

1. L'épuisement numérique n’est pas un burn-out classique

Ici ce n'est pas la surcharge de la quantité de travail qui épuise, mais la charge cognitive. Jongler avec trop d'outils, de plateformes et de contextes, c'est faire débrancher notre cerveau. Il ne suit plus !

2. Notre attention ressemble à une passoire

Chaque changement d’onglet laisse derrière lui un petit reste d’attention, un résidu mental. Additionnez ces miettes sur une journée : notre capacité à nous concentrer fond comme neige au soleil.
Conséquences :

  • attention ultra morcelée,
  • réflexion brouillée,
  • décisions moins fiables

"Un travailleur du savoir moderne effectue près de 1 200 transitions de ce type par jour, chacune nécessitant plusieurs secondes de réorganisation neuronale". Bref c'est du gaspillage !

3. L’effet “machine à laver” de nos émotions

Derrière un écran notre cerveau interprète tout. Un mail un peu sec devient une énigme. Une réponse tardive se transforme en souci. Notre cerveau imagine, interprète, suspecte.

Ces interactions digitales nous forcent à combler le manque de contexte. Cela génère jugement, interprétation et stress. Les communications numériques activent fortement nos émotions ce qui entretient anxiété et tension invisible.
Résultat : le stress numérique s’installe comme colocataire envahissant.

4. 34 outils numériques… oui, c’est la moyenne

Nous utilisons en moyenne 34 outils digitaux différents (4 fois plus qu’il y a 20 ans). Cela crée des « modality shifts » (changements cognitifs majeurs) et font exploser la fatigue mentale. Chaque outil est un changement de langage mental.

Et la statistique est folle : réduire de 30 % ces outils, c'est libérer jusqu’à 2 heures par jour.
Cadeau, non ?

5. Les 8 recommandations de l’HBR

  1. Réduisons de moitié le nombre de nos outils numériques
    Faisons un inventaire complet de vos outils, éliminons ceux qui sont redondants ou inutiles pour diminuer notre surcharge cognitive.
  2. Adaptons chaque canal à son usage
    Choisissons le bon média (email, visioconférence, messagerie) selon la complexité et l’urgence de la communication pour éviter les malentendus.
  3. Alternons entre traitement par lots (batching) et traitement en continu (streaming)
    Regroupons la gestion des messages à des moments dédiés et répondons en temps réel uniquement pour les cas urgents.
  4. Mettons en place des délais de réponse clairs : une heure, un jour, une semaine
    Cela crée des attentes réalistes et réduit la pression de devoir répondre immédiatement.
  5. Ne faisons pas d’hypothèses
    Clarifions nos interprétations des messages pour éviter le stress causé par des suppositions erronées.
  6. Agissons avec intention
    Avant de nous connecter, définissons un objectif précis et une durée pour éviter la navigation sans but et la perte d’énergie.
  7. Apprenons par observation
    Consacrons du temps à observer les pratiques, sans forcément intervenir, pour comprendre et assimiler efficacement.
  8. Soyons pleinement présent
    Programmons des plages de concentration sans interruptions pour retrouver un état de flow et maximiser votre performance. "L'état de flow est l'antithèse de l'épuisement numérique."

Ces actions visent à restaurer la concentration, diminuer notre fatigue mentale et améliorer notre qualité de vie digitale.

Et si nous allions plus loin ? Marchons.

Au-delà de la gestion des outils numériques, agir sur le corps reste essentiel. La marche constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces et accessibles pour contrer l’impact négatif du digital.

Les bénéfices de la marche sont bien établis :

  • Amélioration de la clarté mentale et de la concentration
  • Diminution du stress et meilleure régulation émotionnelle
  • Stimulation de la créativité et de l’innovation
  • Qualité du sommeil renforcée
  • Développement de la résilience face aux situations de stress
  • Renforcement du lien social, notamment à travers la marche partagée

Intégrer la marche dans ses routines professionnelles, c’est retrouver une capacité d’attention, soutenir sa vitalité et préserver sa lucidité.

Pour un leader, marcher est une pratique stratégique, l'antidote au trop numérique !

Référence de l'article HBR CLIQUEZ ICI

Christine, 16.11.2025